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15 janvier 2016

César voulant voir par lui-même ce qu'il avait à faire, monta sur un navire et se fit suivre de toute sa flotte, sans toutefois emmener de troupes avec lui; car devant s'éloigner à quelque distance, il ne voulait pas dégarnir ses retranchements. Étant arrivé au lieu que l'on appelle Chersonèse, et ayant mis à terre ses rameurs pour qu'ils fassent de l'eau, quelques-uns s'écartèrent trop loin des vaisseaux, dans le but de piller, et tombèrent entre les mains des cavaliers ennemis, lesquels surent par eux que César était venu avec sa flotte et n'avait aucun soldat dans ses vaisseaux. Sur cet avis, nos ennemis s'imaginèrent que la fortune leur offrait une occasion magnifique pour un coup décisif; et en conséquence ils armèrent tous les vaisseaux qu'ils trouvèrent en état de faire voile et allèrent à la rencontre de César qui revenait avec sa flotte. Ce jour-là, il était décidé à ne pas combattre, pour deux motifs: il n'avait pas de soldats avec lui, et la dixième heure était déjà passée. Or, il considérait que la nuit donnerait plus de confiance à des hommes sûrs de la connaissance des lieux, tandis qu'elle lui ôterait à lui-même jusqu'à l'avantage d'exhorter les siens; car à quoi servent les exhortations là où le courage et la lâcheté doivent être également inconnus? Par ce motif César fit ranger le plus de vaisseaux possible vers la côte, estimant que l'ennemi ne viendrait pas l'y chercher.

Il y avait un navire rhodien à la droite de césar, assez éloigné du reste de la flotte. Les ennemis, l'ayant aperçu, ne purent se contenir, et quatre vaisseaux pontés, ainsi que plusieurs barques découvertes, vinrent fondre sur lui impétueusement. César fut obligé d'aller à son secours pour ne pas recevoir en sa présence un honteux affront, quoique, si un malheur lui fût arrivé, il l'eût regardé comme bien mérité. Le combat s'engagea avec une grande vigueur de la part des Rhodiens, qui, s'étant toujours distingués dans les combats de mer par leur habileté et leur courage, n'hésitèrent pas à soutenir tout le poids de l'action, surtout dans cette circonstance, afin qu'on ne pût pas dire que c'était par leur faute qu'on eût reçu un échec. Aussi, le combat fut-il très heureux. On prit à l'ennemi une galère à quatre rangs, une autre fut coulée à fond, deux autres complètement dégarnies; en outre, un grand nombre d'hommes furent tués sur les autres vaisseaux. Si la nuit n'eût mis fin au combat, César se serait emparé de toute la flotte. Ce revers ayant consterné les ennemis, et le vent contraire s'étant adouci, César ramena dans Alexandrie ses vaisseaux de transport, remorqués par sa flotte victorieuse.

César